HISTORIQUE

 

UN PEU D'HISTOIRE,...

 

L'Epagneul Picard fait partie des plus anciennes races continentales, au même titre que l'Epagneul Français.Comme ce-dernier, il a pour ancêtre le "chien d'oysel" ou "chien couchant" décrit par Gaston Phébus et Henri de Ferrière à la fin du XIVe siècle.

L'Epagneul Picard fut longtemps favori des seigneurs et des rois, comme en témoignent les oeuvres de Desportes et d'Oudry, peintres des chasses et des chiens royaux, qui nous laissèrent de nombreuses représentations d'Epagneuls, et, par ailleurs, il fut l'un des seuls chiens de chasse a être finalement admis dans les salons. Au cours du XIXe siècle, à la suite de l'abolition du privilège de la chasse, l'Epagneul se répandit beaucoup chez les bourgeois et même chez les paysans. Il se diffusa dans toute la France, mais particulièrement au nord-ouest, dans les régions de bocage et de marais où le climat humide et froid en faisait un auxiliaire précieux.

Vers la fin du siècle dernier, cependant, on assista à un véritable engouement pour les chiens anglais, surtout chez les cynophiles et les chasseurs très aisés. La mode des races britanniques était l'expression d'un vaste courant anglomane dans les classes dirigeantes de notre pays, que l'on pouvait observer notamment dans le domaine de la nature, des animaux, du sport et en particulier du cheval; ce n'est d'ailleurs pas un hasard si les premiers cynophiles français étaient aussi "des gens de cheval".
Mais cet attrait des chiens anglais n'étaient pas qu'une question de mode, car les Britanniques, qui, d'une part, avaient vu dès le début du XIXe siècle, leurs territoires de chasse se restreindre et le gibier se raréfier et, d'autre part, avaient acquis une grande maîtrise de la sélection canine, avaient pris beaucoup d'avance dans l'amélioration de leurs races canines.

Il n'empêche que l'anglomanie porta un grand préjudice aux vieilles races françaises de chiens d'arrêt.
Ainsi, les sujets les plus typés parmi les Epagneuls devinrent fort rares, tandis que les vulgaires "Epagneuls de Pays" furent moins touchès au début.



Malgré les critères de sélections proposés par J.de Coninck, il est évident qu'il existait des Epagneuls bien français qui possédaient une robe fortement mouchetée avec, outre les plaques marrons, des marques feu au-dessus des yeux, aux joues et aux membres.
Ces coloris se retrouvaient fréquemment en Picardie, l'un des grands fiefs de l'Epagneul. 
En effet, cette région est, surtout vers la Baie de Somme, un véritable paradis pour les oiseaux migrateurs qui apprécient aussi le littoral bordé de marais (bas-champs). Entre les tourbières et les marécages de fonds de vallée, la Picardie présente aussi des terrains plus classiques, tels des bocages et des bosquets, des plateaux portant de riches cultures de céréales et de betteraves.
Autant dire que cette région est idéale pour l'Epagneul, qui y développa ses nombreuses compétences et ne pouvait qu'accéder à une carrière cynophile.

En 1904, à l'exposition canine de Paris, un certain Mr Rattel présenta pour la première fois un Epagneul Picard aux caractéristiques parfaitement fixées. Il fut classé parmi les Epagneuls Français puisque les différentes familles n'étaient pas encore différenciées et ne devaient
 l'être qu'avec la création du Club de l'Epagneul, en 1907. Quant au club de l'Epagneul Picard, il fut fondé en 1921.

 

Epagneul picard

 

C'est alors que J.de Coninck, un cynophile qui avait entrepris l'étude de tous les chiens d'arrêt français, s'enthousiasma pour un type d'Epagneul qu'il définit comme l'Epagneul Français, c'est à dire comme un chien de belle taille, à robe blanche tachée exclusivement de marron. Ce choix très restrictif, pour ce qui est de la couleur de la robe, était sans doute dicté par le souci d'éliminer les sujets croisés avec des Setters Anglais et d'empêcher d'éventuelles retrempes avec ces derniers, ou encore pour permettre de distinguer du premier coup d'oeil l'Epagneul Français des races britanniques. 
Mais le mérite d'auvoir sauvé plus tard l'Epagneul Français revint à l'Abbé Fournier ainsi qu'à quelques éleveurs, dont l'histoire n'a malheureusement pas retenu les noms.

 

Tom1904

 

Bien des questions se sont posées à propos de cette race. En premier lieu, beaucoup se sont demandés si l'Epagneul Picard n'était pas finalement qu'une variété d' Epagneul Français, distincte seulement par les coloris de sa robe. D'éminents spécialistes, parmi lesquels l'Abbé Fournier, Paul Mégnin et de Kermadec, étaient de cet avis, et il est par ailleurs incontestable que les deux races étaient très proches par leur physique comme par leurs aptitudes (leur histoire se confond d'ailleurs jusqu'en 1907).

Cependant, les différences ne pouvaient que s'accroître avec le temps. Ainsi Paul Mégnin fait-il remarquer dans l'édition de 1946 de "Nos Chiens" que le Picard est "le vieil Epagneul Français, plus léger, avec plus d'endurance et un nez plus sûr. son poil est gris-brun, et un peu dur". Ces différences restent, à vrai dire, tout à fait minimes, et elles sont plus de nature à faire distinguer deux variétés que susceptibles de séparer deux races.
En fait, cette discussion n'a pas grand intérêt, car, étant donné l'usage de ne pas croiser entre elles les variétés d'une même race, que l'Epagneul Picard ait été considéré comme une variété du Français ou comme une race à part entière n'aurait pu avoir que peu d'incidence du point de vue zootechnique.
En revanche, la volonté de discerner le Picard comme une race a peut-être joué un rôle quant à sa diffusion.
Toujours est-il que, si Mégnin écrivait très affirmativement à propos de la race: "Nul doute qu'elle ne reprenne rapidement dans le pays la place prépondérante à laquelle elle a droit", cette prévision s'est révélée totalement fausse.

Une autre question, celle de la parenté possible du Picard avec les races anglaises, agitait les esprits.
En effet, certains suspectaient une ascendance britannique chez ce chien, en vertu de sa robe aux nombreuses mouchetures et aux marques feu, caractéristiques rejetées chez le Français justement pour bien distinguer ce dernier des races anglaises. Or, la robe du Picard possède en fait des coloris bien français, même si, par ailleurs, il est probable que quelques lignées ont subi -à un moment précis de leur histoire- une légère retrempe. Cela dit, il ne faut surtout pas exagérer l'importance de ces éventuels croisements avec les races d'outre manche du temps où les chasseurs britanniques fréquentaient la Somme, avant l'établissement de la quarantaine en 1901. Cette dernière lui porta d'ailleurs un grave préjudice puisqu'un certain engouement pour ces races anglaise s'en suivi, accompagnée quelques années plus tard de la première guerre à laquelle il laissa un lourd tribu.

 

Chfranc oct41

 

 

 

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